La véritable transmission est une démarche profondément exigeante, car elle demande au novice une profonde confiance et ouverture d’esprit, au point de l’amener à une possible transformation de sa perception de la réalité.
Pour ceux qui transmettent, il est essentiel de faire preuve de réceptivité et d’une conscience profonde de leur propre parcours, de ce qu’ils ont eux-mêmes traversé.
J’écris ces quelques lignes pour vous rappeler qu’il existe des conditions essentielles pour véritablement « apprendre », et que cette ouverture d’esprit n’est pas facile à cultiver. Elle nécessite de dépasser le jugement, tant sur soi-même que sur les autres. En réalité, chercher de l’eau et la boire semble simple, mais que percevons-nous autour de nous ? Combien d’obstacles invisibles, façonnés par nos pensées, entravent notre chemin vers la source ? Même des préoccupations apparemment légitimes peuvent devenir des freins dans ce processus de transmission. Verser de l’eau dans un verre déjà plein est inutile. Peu importe qu’il soit rempli d’eau ou de sable : un verre qui n’est pas vide en lui-même ne pourra jamais recevoir quoi que ce soit.
C’est pourquoi, au sein de l’atelier, un groupe composé à la fois de pratiquants avancés et de novices dans un atelier ne devrait en aucun cas être un frein, bien au contraire : il favorise la circulation des savoirs. Les débutants ont l’opportunité d’apprendre des plus expérimentés, tandis que ces derniers peuvent renforcer leur propre maîtrise en transmettant leur savoir. À condition qu’il n’y ait ni jugement, ni sur soi-même, ni sur les autres.